Renault 5 Turbo 2 1984 : réaliser un rêve

Renault 5 Turbo 2 1984

Les discussions entre passionnés de l’automobile peuvent parfois mener à d’incroyables opportunités. En ce qui concerne cette incroyable Renault 5 Turbo 2 1984, c’est exactement ce qui est arrivé. Je tiens d’ailleurs à remercier Simon et Joffrey pour leur rôle dans cette histoire.
Issue du sport automobile

Le bolide rouge que vous apercevez sur votre écran a peut-être des origines modestes – la Renault 5 ayant marqué le paysage automobile nord-américain au début des années 80 –, mais ne vous fiez pas à son statut. La 5 Turbo provient d’une époque où le monde du sport motorisé avait encore une influence directe sur la production de modèles d’homologation.

Dans plusieurs catégories de sport automobile – notamment le rallye de calibre international –, les hautes instances de la discipline imposaient aux constructeurs d’inscrire des véhicules fortement inspirés de modèles de production, une production qui demeurait souvent limitée pour des raisons évidentes.

Le constructeur Renault n’aurait jamais pu participer à la course automobile avec sa petite citadine à roues motrices avant. Mais, avec un peu d’imagination et beaucoup d’ingénierie, les sorciers de la division sportive Renault Sport ont trouvé le moyen de transformer la puce en une redoutable bête taillée pour la course automobile.

Renault 5 Turbo 2 1984

C’est l’une de ces rarissimes Renault 5 Turbo 2 qui m’attendait pour ce bref essai automnal. Ayant grandi avec les belles sportives des années 80 sur les murs de ma chambre, cette super compacte se retrouvait évidemment au sein de mon palmarès de voitures inatteignables. Trente ans plus tard, la 5 Turbo 2 est toujours aussi inatteignable sur le plan financier – la valeur de ces bolides ayant explosé depuis quelques années –, mais au moins, je pourrai raconter à mes enfants le récit de cet essai unique.

La belle française
La voiture appartient à M. Christian Le Roux, propriétaire de la concession Joliette Dodge Chrysler. Le principal intéressé possède la R5 depuis son arrivée au Canada en 1984 et la traite aux petits oignons depuis sa traversée de l’Atlantique. M. Le Roux me confirme qu’il l’utilise à l’occasion, ce qui explique le kilométrage légèrement au-dessus des 77 000 km. C’est peu, vous en conviendrez!

La condition de la caisse est vraiment superbe pour une voiture ayant dépassé la trentaine et qui a toujours sa peinture d’origine. Contrairement à la Renault 5 que nous connaissons tous – du moins ceux qui se souviennent de la décennie 80 –, la 5 Turbo 2 a droit à un capot ventilé, des ailes élargies à l’avant et d’autres encore plus larges à l’arrière, un indice qui vent la mèche sur l’emplacement de la mécanique.

Le bas des portières revêt encore cet autocollant T-U-R-B-O installé à l’usine, tandis que le toit est cintré d’un aileron qui bonifie la superficie de ce dernier, augmentant ainsi l’appui à haute vitesse. Une vue du postérieur confirme le gain par rapport au modèle populaire : ces ailes sont réellement musclées!

Autre constat : les jantes uniques au modèle sont retenues en place à l’aide de quatre boulons (au lieu de trois sur la Renault 5 régulière), tandis que les pneumatiques Michelin TRX affichent une grandeur que je ne connais absolument pas.

Renault 5 Turbo 2 1984

Un coup d’œil à l’intérieur révèle qu’il s’agit bel et bien d’une 5 spéciale, la planche de bord étant truffée de jauges supplémentaires, tandis que les sièges se font plus enveloppants qu’à l’habitude.

Évidemment, la deuxième rangée de sièges a été remplacée par un petit moulin turbocompressé de 1,4-litre de cylindrée, celui-ci développant la bagatelle de 160 chevaux. Quant à la boîte manuelle à cinq rapports, elle constituait la seule option à l’époque.

L’essai
La voiture démarre au quart de tour et rappelle aux gens qui se trouvent dans le garage qu’il s’agit d’une voiture du siècle dernier, l’odeur d’essence remontant à une époque pas si lointaine de l’automobile en général. À ma grande surprise, la sonorité de l’échappement n’est pas trop gutturale, idem pour l’embrayage qui s’avère facile à moduler.

Dès le premier coup de volant, je m’aperçois que la direction est privée d’une quelconque assistance, ce qui rend les manœuvres de stationnement un peu plus ardues. En revanche, ce détail rendra assurément la conduite plus authentique. Même le levier de vitesse – il est long celui-là – propose des rapports assez rapprochés et la position des pédales est parfaite.

Après quelques kilomètres pour m’acclimater à cet univers des années 80, je me rends compte que la rumeur était vraie : la mécanique est paresseuse à bas régime. Il faut attendre les 3500 tr/min pour avoir droit à une explosion du turbocompresseur qui entre en fonction. Pour enregistrer des accélérations dignes, il me faut travailler un peu plus avec le levier de vitesse.

Renault 5 Turbo 2 1984

Avec une motorisation en position centrale, la voiture s’allège lorsque le pied droit en redemande, un détail qu’il ne faut pas oublier dans les virages abordés à vive allure. La direction donne vraiment l’heure juste sur l’état du bitume, tandis que la suspension un brin ferme rassure celui qui tient le volant. J’ai même osé pousser la voiture un peu sur l’autoroute et je me suis vite aperçu que cette sous-compacte est d’une étonnante stabilité au-delà des limites permises.

Toute bonne chose a une fin
Le seul point négatif après un essai aussi spécial, c’est qu’il doit prendre fin. Après un peu moins d’une centaine de kilomètres assis derrière ce gros volant incliné vers l’avant, j’ai dû remettre les clés à son propriétaire. Je me dis que c’est probablement la dernière fois que je peux m’approcher aussi près de cette icône de l’industrie française, mais après un peu de recul, je réalise que je viens de vivre un rêve d’enfance, un rêve que bien peu de gens pourront réaliser dans leur vie.

 

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Vincent Aubé

Vincent Aubé

Vincent Aubé va bientôt célébrer sa dixième année en tant que chroniqueur automobile. Ayant étudié en journalisme à l’Université de Montréal, il a décidé de joindre l’utile à l’agréable en consacrant sa carrière à couvrir tout ce qui a quatre roues et un volant.
  • Jay Rodrigues

    J’avoue que c’est agrassif quand tu viens de te faire depaser pis tu vois son look de derriere