Quand la technologie est au service du grand public et du sport motorisé

La Formule Un en 2017.

L’expression « Win on Sunday, sell on Monday » est employée depuis que la course automobile existe… ou presque! Le développement des bolides de courses de tout acabit a clairement fait progresser celui de votre voiture compacte, de votre camionnette ou même de votre voiture électrique.
À l’approche du Grand Prix de Formule 1 du Canada, il est important de se commémorer l’héritage technologique issu du sport automobile, et pas seulement celui provenant de la l’épreuve reine. D’autres séries ont également leur mot à dire dans l’avancement technologique de nos véhicules.

Lamborghini Sesto Elemento

La fibre de carbone
Prenons la fibre de carbone par exemple, un matériel qui, à son arrivée en F1 au début des années 80, a littéralement révolutionné le monde automobile avec cette nouvelle solution alliant légèreté et rigidité. Mais peut-on améliorer la fibre de carbone ou, du moins, en diminuer ses coûts?

Le prototype Sesto Elemento élaboré par Lamborghini en 2010 ne provient pas de la course automobile, mais l’idée derrière ce dernier est d’alléger au possible la caisse sans nuire à la rigidité de celle-ci tout en cherchant une manière d’offrir cette technologie à moindre coût. Dans ce cas-ci, c’est l’industrie automobile qui pourrait bien aider la course automobile.

La récupération d’énergie
L’industrie automobile est également capable d’aider la course automobile. La récupération d’énergie au freinage introduite sur les véhicules hybrides sert aujourd’hui les meilleurs bolides de course du monde entier et autorise même des performances supérieures grâce à la symbiose entre la mécanique à explosion et le système électrique. Au préalable, le but de cette solution était de sauver à la pompe, ce qui est également le cas en sport automobile, mais cette accumulation d’énergie permet aussi de gonfler les performances en piste.

La Formule E s'amène aussi à Montréal en 2017.

Formule E : une série électrisante et éclairante
L’une des séries de sport motorisé qui fait couler beaucoup d’encre ces dernières années est sans contredit la Formule E, celle-ci mettant en vedette des pilotes chevronnées au volant de monoplaces entièrement électriques. La série est non seulement un outil de promotion de l’énergie électrique en général, mais également un laboratoire pour optimiser cette technologie d’avenir au sein de l’industrie en général.

S’il est clair que les efforts déployés au sein de la série la plus électrisante du globe permettent aux quelques constructeurs impliqués – de plus en plus s’y intéressent d’ailleurs – de trouver des solutions pour leurs véhicules grand public (autonomie des batteries, puissance des moteurs, etc.), ceux-ci donnent également l’occasion à un constructeur de pneumatiques comme Michelin de trouver le meilleur rapport adhérence/résistance pour la piste et pour la route, le pneu Sport EV2 étant relativement similaire aux pneumatiques distribuées au grand public en termes de taille et de construction. Ce nouveau pneu utilisé en piste serait, aux dires de Michelin, aussi adhérent que possible sans affecter la résistance au roulement, l’un des paramètres à tenir en compte lorsqu’il est question d’économie de carburant. La question n’est pas de savoir si cette technologie sera transposée aux véhicules, mais plutôt quand elle le sera.

Des freins en carbone-céramique sur une Chevrolet Corvette Z06.

Un freinage carbone-céramique
La démocratisation des freins en carbone-céramique se poursuit elle aussi peu à peu dans l’industrie. Les freins ultra-performants d’abord apparus en sport automobile ont fait leur apparition sur des voitures exotiques, mais on observe une disponibilité plus grande sur des voitures un peu plus abordables (!) comme la Chevrolet Corvette ou la BMW M4 pour ne nommer que ceux-là.

Roborace

Roborace : la conduite autonome en piste
Si vous croyez que la Formule E est trop avancée, vous devriez peut-être jeter un coup d’œil à la série Roborace. La beauté du sport automobile tel qu’on le connaît, c’est d’assister à une compétition entre pilotes, mais Roborace a l’intention de changer la donne quelque peu avec la mise en place d’une série mettant en vedette des bolides autonomes. Avec tout l’engouement autour de cette technologie supposée rendre nos transports quotidiens plus faciles, il est permis d’espérer que cette série nouveau genre vienne trouver des solutions à ce nouveau défi que s’est fixé l’industrie automobile.

Le sport motorisé aide, mais…
Chaque course automobile constitue une belle occasion pour un constructeur automobile d’accumuler des données sur une technologie donnée. La somme de toutes ces informations permet parfois de transposer une innovation vers le marché automobile, beaucoup plus vaste que celui de la course automobile évidemment.

La synergie entre les deux mondes est évidente et vous pouvez compter sur l’industrie automobile pour poursuivre cette association tant et aussi longtemps que l’un ou l’autre des pôles va permettre l’avancement technologique de l’automobile en général, qu’elle roule sur un circuit fermé à fond de train ou sur une belle route de campagne.

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Vincent Aubé

Vincent Aubé

Vincent Aubé va bientôt célébrer sa dixième année en tant que chroniqueur automobile. Ayant étudié en journalisme à l’Université de Montréal, il a décidé de joindre l’utile à l’agréable en consacrant sa carrière à couvrir tout ce qui a quatre roues et un volant.