Coupe Nissan Micra au GP3R

Coupe Nissan Micra 2017 – Trois-Rivières

Si l’épreuve-vedette du week-end dernier était celle de la série Nascar, on a quand même entendu autant de oh! et de ah! fuser au Grand Prix de Trois-Rivières (GP3R), pendant qu’un autiste, un comédien et un Australien se frottaient les pneumatiques.

Bon, il faut l’avouer : si on a autant entendu d’exclamations retentir dans les gradins du circuit trifluvien, c’est parce que les petits moteur quatre cylindres de 109 chevaux ne grondaient pas comme les V8 des stock-cars pour masquer les clameurs de la foule.

Cela dit, en ces 7e et 8e manches d’une troisième saison de Coupe Nissan Micra, l’excitation ne s’est pas mesurée à la puissance des moteurs, mais bien au nombre de frottements entre deux pare-chocs, de virages pris sur le chapeau des (petites) roues, des collisions et des sorties de piste.

Coupe Nissan Micra 2017 – Trois-Rivières

L’excitation était également à son comble en marge du circuit de 2,43 kilomètres, dans l’aire réservée par Nissan Canada afin d’y accueillir la vingtaine d’équipes participantes. Voyez d’ailleurs dans notre galerie-photos comment les mécanos ont eu fort à faire sur les sous-compactes qui, avant même d’entamer cette 2e moitié de saison, arboraient moult blessures de guerre.

Ce microcosme de la Formule Un est partagé par une trentaine de pilotes qui, malgré les trois jeunes années de la série, respirent la rivalité.

Parmi ces coureurs pas si «du dimanche» que ça, laissez-nous vous présenter les trois pilotes à qui Auto Hebdo décerne ses médailles : l’increvable humoriste-comédien Michel Barrette, l’Australien Keishi Ayukai et l’autiste Austin Riley, que vous pourrez retrouver, si Dieu le veut (et pour certains… l’argent!) lors des quatre dernières épreuves de la saison.

Notre médaille de bronze : Michel Barrette, le Mario Andretti Québécois

Grand Prix de Trois-Rivières 2017

Nous décernons notre médaille de bronze à Michel Barrette – a-t-il besoin de présentation, ce Mario Andretti québécois? L’humoriste-comédien qui a célébré ses 60 ans au printemps dernier et qui célèbrera ses 35 ans de carrière l’an prochain est, on le sait, un fan fini de l’automobile. D’ailleurs, ses premiers souvenirs de course, il les a colligés dans les années 1970… au circuit de Trois-Rivières.

Jusqu’à présent, les engagements en télé et en cinéma ont empêché ce Bleuet du Lac St-Jean de prendre part à des séries automobiles.

Pas cette année.

Et pour cette première fois, Michel Barrette n’a pas fait les choses à moitié : non seulement s’est-il «acheté» un volant dans la Coupe Nissan Micra, mais il y participe avec ses deux fils, Nicholas et Martin.

Grand Prix de Trois-Rivières 2017

Juste de nous raconter l’émotion qui l’a envahi lorsqu’il s’est retrouvé en piste avec eux lui fait venir les yeux aux larmes. Un grand sensible, ce Michel Barrette.

Un grand sensible, et des plus généreux pour tous ces admirateurs qui n’ont eu de cesse, le week-end dernier, de lui quémander qui un autographe, qui une photo. Même sur la fausse grille de départ, dérangé dans les quelques minutes de concentration nécessaires avant la mêlée, il est demeuré avenant et souriant devant les caméras qui se pointaient sous son nez – à commencer par la nôtre.

Après la 1ère course du week-end, l’humoriste n’a pas choisi le repos. Plutôt, il a soulevé les spectateurs, les plus jeunes comme les plus vieux, lors de sa présence sur la scène aménagée en bordure du Fleuve par Nissan Canada. Kevin Bazinet, gagnant 2015 de La Voix, a été l’autre personnalité invitée par le constructeur automobile, afin de prouver au tout Trois-Rivières son grand sérieux pour la (pourtant) petite Micra.

Notre médaille d’argent : Keishi – ou la Kourse dans le sang!

Keishi Ayukai

Notre médaille d’argent, nous la décernons à Keishi Ayukai, un jeune homme natif du Japon qui a vécu presque tous ses 30 ans d’âge en Australie.

Jusqu’au printemps dernier, Keishi menait une existence bien rangée à Brisbane : famille, petite amie, boulot comme entraîneur, consultant en développement des affaires…

Mais voilà : l’an dernier, il a eu le malheur de participer à l’Académie GT Nissan et d’y faire bonne figure. Il ne lui en fallait pas plus pour prélever les 30 000 $ d’économies de son compte de banque, tout laisser derrière lui et s’inscrire à la seule Coupe Nissan Micra à se dérouler… à l’autre bout du monde.

Il est débarqué au circuit Icar de Mirabel en mai dernier, lors de la journée de familiarisation réservée aux pilotes. Flambant les deux tiers de ce qu’il avait en poche, il s’est «acheté un volant», s’est assuré les services d’une équipe et… a utilisé son perpétuel grand sourire pour quémander ici et là une petite place pour dormir. «En ce moment, je dors sur un matelas dans le salon d’un ami étudiant à Lachine…» nous a-t-il confié.

Keishi Ayukai

Jusqu’à ce qu’il débarque à Trois-Rivières le week-end dernier, tout était au beau fixe pour Keishi Ayukai, avec une belle 6e position au classement. De quoi frayer avec les Kevin King, Olivier Bédard, Xavier Coupal et Valérie Limoges, des habitués du podium.

Keishi lui-même est monté sur la 3e marche dès sa première course, tenue au Canadian Tire Motorsport. Aux suivantes, il a frôlée la tribune avec deux 4e places.

L’événement trifluvien a cependant été beaucoup moins heureux : mauvais choix de pneus, contacts avec une compétition de plus en plus agressive, embrassade avec le mur… Non seulement ses 14e et 15e places enregistrées samedi et dimanche sont ses pires résultats de la saison, mais sa voiture a diablement souffert.

Comble de la malchance : il ne lui reste plus un dollar pour prendre part aux quatre prochaines manches, soit celles qui se dérouleront au circuit ontarien Canadian Tire Motorsport à la Fête du Travail, de même que les finales au Mont-Tremblant (du 22 au 24 septembre).

Car uniquement pour s’inscrire aux dernières épreuves et défrayer le transport de sa voiture, il lui faut trouver 6 000 $ – ce qu’il tente de faire via son Facebook. À qui la chance d’inscrire sa commandite aux côtés du kangourou qui orne sa Nissan Micra?

Notre médaille d’or : Chapeau à Austin Riley… et à toute sa famille

Grand Prix de Trois-Rivières 2017

Notre médaille d’or, nous la décernons à Austin Riley, mais aussi à sa famille. Voici pourquoi :

Il s’appelle Austin Riley, il est d’Uxbridge en Ontario, il vient de célébrer ses 18 ans et… il est autiste.

Sur le spectre des troubles autistiques, on le retrouve tout à l’extrémité. Il écoute un film une seule fois? Pour le reste de ses jours, il pourra en réciter les dialogues, ligne après ligne. Il n’a aucune notion du temps, ne saisit pas les émotions non plus que les sarcasmes – mais pourtant, il fait preuve d’un sens de l’humour bien piquant.

Et évidemment, son cerveau roule à 200 km/h.

Depuis toujours, Austin est passionné par les automobiles; son premier mot n’a pas été maman, ni papa, mais… Ferrari. Il est lui-même bon pilote, ce qu’il prouve depuis l’âge de sept ans en karting. (Il y a quelques années, il était même plus rapide qu’un certain Lance Stroll sous la pluie, ce qui lui a valu, vous vous en doutez, le surnom de Rain Man.)

Comme bon nombre d’adolescents, Austin rêve de devenir pilote de F1. Mais personne ne croyait vraiment qu’un jour, il mènerait en piste autre chose qu’un go-kart. Et voilà que cet été, merci au Groupe Touchette Pirelli et Azure Racing, il est de l’alignement de la Coupe Nissan Micra.

Au volant de celle qu’il a baptisée Lizzie, «parce que c’était le nom de mon premier go-kart, c’est donc le nom de ma première voiture de course,» Austin a complété sept des huit courses, bataillant ferme et s’installant à mi-peloton.

Et ce, même si c’est la première fois de sa vie qu’il participe à une série de courses monotypes.

Austin Riley

Notez qu’à moins que les archives automobiles ne nous contredisent, c’est également la première fois à travers la planète qu’un autiste est autorisé à prendre le départ d’une épreuve sanctionnée par la FIA (représentée ici par Auto Sport Québec).

Certes, Austin aurait voulu grimper au moins une fois sur le podium Nissan – il a encore quatre chances pour y parvenir cette saison. Reste que la course automobile demeure pour lui l’ultime renforcement qui l’incite à de plus importantes victoires encore : celles du quotidien.

Ainsi, Austin parvient aujourd’hui à lui-même fixer la sangle de son casque protecteur : c’est un exploit pour qui, lacunes en motricité fine obligent, ne peut toujours pas attacher ses lacets de chaussures…

«Austin ne devrait pas pouvoir accomplir tout ce qu’il accomplit, mais il le fait parce que sa passion pour les voitures et la course automobile dépasse son handicap,» nous ont résumé ses parents, Jason et Jennifer Riley.

Ces derniers, ainsi que la soeur et le cousin qui suivent Austin en toute occasion, en profitent pour véhiculer un message de sensibilisation et d’espoir auprès des autres enfants atteints du même trouble de développement neurologique. Vous pouvez consulter les détails de cette mission – et découvrir le fan club du jeune pilote autiste sur : www.racingwithautism.com

Prochains rendez-vous – gratuits pour les propriétaires Nissan!

Le prochain rendez-vous de la Coupe Nissan Micra est fixé à la longue fin de semaine de la Fête du Travail, au Canadian Tire Motorsport Park de Bowmanville, en Ontario.

Laquelle des sous-compactes nipponnes survivra au difficile virage numéro 2, l’un des plus dangereux de l’Amérique avec sa courbe descendante en aveugle et sa cambrure à rebrousse-poil?

Le championnat 2017 se conclura au circuit de Mont-Tremblant du 21 au 24 septembre et – rappelez-vous : les propriétaires de véhicules Nissan ont droit à des laissez-passer pour ces événements… Suffit de s’enregistrer!

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Nadine Filion

Nadine Filion

Journaliste depuis 25 ans (!) et trois fois récipiendaire du Grand Prix de Journalisme Automobile du Canada, Nadine Filion tourne sa plume vers le futur: les technologies d'avant-garde, la voiture autonome, le «car-hacking»... Bref, la sécurité sous tous ses angles. En attendant la voiture Zéro Accident, Nadine se spécialise dans les conseils d'achat: quoi choisir, comment l'acheter, les «ah ben j'aurais donc dû» à éviter...